Architecte DPLG, j'ai été amenée à vivre plusieurs années hors de France pour suivre mon époux ingénieur. N'étant ni envoyée par une entreprise française, ni attendue par une entreprise locale, il m'a fallu à chaque fois "faire mon trou" pour pouvoir exercer mon métier d'architecte.

Chaque nouveau pays visité a d'abord été pour moi l'occasion de rencontrer des gens et de découvrir de nouvelles cultures.

 

Etre architecte au Nigérian en Thailande ou en Algérie consistait d'abord à m'imprégner de l'art de vivre du pays d'accueil, à mesurer les contraintes locales, à comprendre les besoins du client avant de pouvoir  apporter cette "French Touch" qu'on attendait de moi.

 

Le contexte parfois très difficile m'a souvent déstabilisée.

Comment conjuguer harmonie et barbelés aux fenêtres, équilibre et goût pour le chargé, esthétique et matériaux grossiers, peu variés, originalité et poids de la tradition ?

Comment travailler avec une équipe dont je ne partageais ni la langue, ni les codes ?

 

Il m'a fallu écouter, comprendre et m'obliger à sortir des voies que je connaissais, pour pouvoir remplir un des rôles de l'architecte : partager un peu de sa créativité et de son expertise en respectant l'esprit, les techniques et les besoins locaux.

Ces expériences loin de me frustrer m'ont au contraire enrichie.

J'espère avoir apporté, je sais que j'ai appris.

 

Isabelle